raconter une histoire

Histoire
Posté par : ErmiteRêveur
Posté le 26/08/2021 à 23h21
Theme : Société
Titre : JE COURS
Je cours, un matin d’automne le froid en guise de guide et la pluie en guise d’amis, je traverse d’abord une forêt. Au premier abord il y règne une certaine tranquillité qui vite peut virer à l’angoisse transformée par l’obscurité du matin qui tel que le décrivent certain livre fantastique en ferait une forêt interdite mais heureusement je cours.

Je cours, après la forêt voici la ville, tout comme l’artificiel succède au naturel. Près du centre-ville, malgré l’heure je croise bon nombre de personne, on dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt mais c’est ceux qui se lèvent tard qui en profite. Je ne vois que des visages fermés et morose c’est à se demander parfois si quelqu’un est heureux, mais qui sait, peut-être est-ce parce que le malheur marque plus la peau que le bonheur ou peut-être sont-ils tous attachés par un fil que tirerait un marionnettiste lui-même noyé de tristesse mais heureusement je cours.

Je cours, sortis du centre-ville je passe devant le plus grand centre commercial, plusieurs milliers de mètres carrés, j’aime parfois m’imaginer des arbres à la place du goudron. Cette fois je croise beaucoup plus de monde et les visages sont plus heureux, la consommation donne le sourire, après n’est-ce pas l’objectif principal de la vie de pouvoir consommer à volonté. La consommation nous envoute, il n’est pas facile de résister, entre la promotion exceptionnelle qui a lieu toutes les semaines et le désire insatiable de possession on se fait vite capturer, mais heureusement moi je cours.

Je cours, je sors bientôt de la ville, je contourne un dernier obstacle, un hôpital. Tout comme le centre commercial il y a autant de monde mais le sans sourire. Je croise une ambulance, sirène allumée luttant contre le temps qui s’avère être un adversaire redoutable dans cette situation. La plus pars du temps entendre une ambulance ne fait rien aux gens, je veux dire que normalement on devrait ressentir une certaine peine de savoir que quelqu’un est vraiment au plus mal. L’ambulance est passé je ne l’entends plus, ne reste que l’immense bâtiment ayant l’air si calme et silencieux de l’extérieur comme une invitation à entrer mais heureusement moi je cours.

Je cours, j’arrive bientôt chez moi, enfin dans les quatre murs dans lequel je vis, je peux apercevoir la boîte aux lettres débordant de problème, après tout à quoi bon ouvrir une lettre que l’on sait nous apporter une mauvaise nouvelle, cela serait comme chercher volontairement le malheur. J’arrive, je marche jusqu’à la porte, elle ne s’ouvre pas, un coup de vent fait tomber quelque lettre à mes pieds, je crois que les problèmes mon rattrapé mais malheureusement cette fois je ne peux plus courir.